Papouasie Nouvelle Guinée (2009)

20 Sep

Ci-dessous vous trouverez le récit de mon voyage en Papouasie Nouvelle Guinée datant de 2009. A l’époque la Papouasie avait un peu moins de succès que maintenant, je m’étais tourné vers elle après être tombé sur un reportage de Eric Lafforgue.

Malgré le côté un peu… « familier » de ce récit je n’ai pas souhaité corriger ce que j’avais écrit (sur ce premier voyage que j’effectuais en solo) dans l’avion du retour pendant que les souvenirs étaient encore chauds.

2 ans après, en 2011, un festival de voyage (le Grand Bivouac) m’a contacté afin que je réalise une présentation de ce voyage (vidéo+diapo photos) vous pouvez retrouver cette présentation –>ici <–

Fin septembre 2009 :

« Après 3 jours d’avion et la tête fracasse par le trajet j’arrive à l’aéroport de Port Moresby (Capitale de Papouasie Nouvelle Guinée) dans la matinée. Je pense rester à POM une journée avant de prendre un vol intérieur pour Goroka (montagnes) le lendemain. A la Douane on me parle du Choléra qui arriverait pour la première fois en PNG, (??) on me demande de contacter l’ambassade etc, mais ces crétins n’avaient averti de rien sur leur site. Ouch… Tout content malgré tout d’être arrivé et p’tet pas encore conscient du truc je souhaite voir mes premières images de Papouasie, voir le rythme, les couleurs. Même pas fait 200m sac sur le dos que deux racailleux avancent vers moi, content d’avoir remarqué mon trépied et commencent à chercher les emmerdes. Je fais demi tour pour aller me réfugier à l’aéroport (entouré de flics) et surprise, à l’entrée, un gentil flic m’ayant vu sortir et m’ayant vu avec les deux gars ne souhaite pas me laisser rentrer, sauf si je lui donne de l’argent (« euh comment te dire… »). Il me colle au cul un petit moment dans l’aéroport en voulant son argent puis finira par m’oublier. POM dans les bouquins est considérée comme une ville dangereuse (couvre feu à 16h, gangs etc… Je souhaitais juger par moi même mais pas eu l’occasion). Donc fatigué par la situation, je ne reste que quelques heures à l’aéroport et prend un vol intérieur pour Goroka.

A bord, quelques blancs, quelques chinois, quelques papous. Arrivée à Goroka, Bam! L’endroit est magique, on survole juste avant d’atterrir des petits villages typiques, en cercle, maison en bois, petit chemin etc. Au top! A l’atterrissage les « stars » du coin sont là pour nous accueillir, des mudmen (tribu du village d’à côté portant des masques en terre).

Puis premier problème : sortir de l’aéroport (pas mal hein?).
Les blancs sont transférés d’un coté, les papous d’un autre, hop, tout les blancs embarquent dans des 4×4 censés les transférer à leurs hôtels respectifs et/ou entreprises. « Euh… pardon mais j’ai pas d’hotel etc moi, comment on fait pour sortir normalement quand on est seul? » Le gardien finit par m’ouvrir le portail et rebam! 15mn en ville le temps de trouver une auberge, seul blanc dans les rues, tout le monde me zieutent mais pas de soucis. Je trouve une auberge pas cher, dans ma chambre un petit vieux la soixantaine, d’Australie. J’essaie de soutirer des informations sur le coin, et vlan!! Le ptit vieux se met à pleurer, ça fait deux jours qu’il est là et m’explique la situation. Il n’est pas rare de voir des blancs en PNG, à Port Moresby la capitale ou même ici à Goroka, mais ceux ci sont majoritairement encadrés. Transférés depuis l’aéroport à l’hotel en 4×4 luxueux, de l’hôtel à leur lieux de travail (très prisé en ce moment par les Australiens/chinois car ce pays regroupe les plus grosses mines d’or et et reserves de gaz fraichement découvertes, 3ieme plus importante au Monde, sans même parler du pétrole) ou à un lieu touristique où les locaux organisent des sortes de « safaris photos » à la rencontre de « peuples primaires » comme nous les montre Nicolas Hulot dans ses reportages mensongers où la mise en scène est primordiale.
Mais assez rare et inhabituel de voir des blancs « seul » et trop difficile pour lui, le ptit vieux continue de pleurer en me déballant les 3 derniers quotidiens, parlant du Cholera, premier cas en PNG. Du coup après 2 jours ici il me dit que le lendemain il rentrera chez lui.
« Hum… Ok. Première journée fantastique, des embrouilles, des bonnes nouvelles, je vais bien, tout va bien ».
Je sors voir un peu comment ça se passe et en effet pleins de regards insistant, des remarques « hey white man! », tout le monde se shootent au noix de Betel. Pour résumer le bordel : être blanc et seul ça se fait rare. Y a comme un sentiment d’apartheid, quand tu vois l’attitude des touristes qui est pitoyable, prennent la Papouasie pour un zoo à ciel ouvert,  qui s’enferment dans des 4×4, cherchent « des villages perdus » (en convois si possible avec un coca à la main) à coloniser, le tourisme voyeur-prédateur à son comble, tu comprends mieux l’attitude des locaux envers les blancs.

Dodo… réveil aux aurores et je me décide de : marcher! J’arriverais à rencontrer des gens de cette façon et uniquement comme ça.
J’embarque tout le bordel (36kg) et souhaite aller sur les hauteurs de Goroka, fais le plein d’eau (2l) et avanti! Je sais pas trop où je vais mais la montagne en face me plait, droit dedans! Sur le chemin je croise tjs les même regards, réflexions, interrogations. Je sais pas où je vais mais le dépaysement est total, pommé, libre… J’ai marché comme ça deux jours avant d’arriver au sommet. Deux jours et une nuit de marche, non stop, 2 litre d’eau (n’ayant pas osé me ressourcer l’eau étant une vraie plaie ici (Choléra), je pensais marcher une après midi, j’ai marché deux jours, desséché, crevé, quelques emmerdes, mais rien de grave, quelques rencontres. Exemple, durant la nuit j’ai eu quelques belles frayeurs, croisé des gars avec des machettes pour parler un peu (yiha…), je leur ai montré des photos d’où je venais, expliqué que tout les blancs étaient pas des crétins hypermatérialistes qui passent leur journée à prendre les papous pour des singes, et le contact fut bon. Comme quoi être con et avenant avec des bonhommes machettes à la main ça aide. Arrivé là haut haut, je redescend à l’arrière d’un camion dans un chargement de bois (45mn pour descendre) le tout en matant la croix du sud et le ciel étoilé! Crevé mais PARFAIT

De retour à l’auberge légèrement desséché :

Troisième jour de bon matin je traine dans les rues et sympathise avec une vendeuse de noix de Bétel afin d’avoir son avis sur les « whitemen » idem je montre encore mes photos puis en 10 minutes je me retrouve entouré d’une dizaine de personnes, puis 20, 30, tous curieux de savoir comment vivent les blancs et de savoir qui est ce pti nain blanc qui prend le temps de parler avec eux. Ils adorent les photos et sont ravis de l’échange, ravis de voir qu’il y a des endroits dans le monde où il y a de la neige, d’imaginer comment vivent les touaregs dans le Sahara, ravis d’apprendre.
Puis après cette discussion deux jeunes m’accompagnent me guident, me font visiter les alentours, puis une fille qui avait vu les photos me propose de me montrer son village (c’était la troisième proposition mais à chaque fois les gens n’étaient pas à l’endroit où je devais les retrouver, elle si). Nous allons dans son village (environ 9/10km à pattes) et là… FANTASTIQUE. Puis elle me parle de ses cousins qui se préparent pour le show qui font parti d’une tribu réputée, les « Gu saveni » et me propose d’assister à leur préparation.

Le village :

Première rencontre :

A partir de ce moment… c’est claque sur claque, larme sur larme, que du bonheur, plus aucun point négatif, un rêve continu! Je rencontre cette tribu, découvre leurs habitations, leur mode de vie, je reste avec eux pendant trois jours, puis les accompagne au Singsing où une soixantaine de tribus du pays se retrouvent pour s’affronter en chant. Nous descendons la montagne à pieds ensemble, ils chantent, rencontrent d’autres guerriers (sympathiques) dans chaque village (qui représente une famille) et se joignent au Singsing, on passe de 10 à 40 personnes en très peu de temps, l’atmosphère est incroyable envoutant! Le jour est important, le jeune William est devenu un homme et prend son rôle de nouveau chef à cœur et avec talent, ses cris sont forts, puissants, il motive à lui seul plusieurs villages. Un réel charisme se dégageant d’un enfant de 16 ans.

Puis le show, excellent, diverses tribus etc mais un peu trop sous forme de zoo pour moi, durant certaines heures, le parc est fermé afin que les blancs soient en sécurité, puis on inverse les rôles, uniquement les papous.

Apres le show je rentre dans le village de cette fille où sa famille m’attend. Je rencontre tout le monde, père, frères, sœurs, l’accueil est plus que chaleureux, le village est sublime. Maison en bois, ça sent bon la vanille de partout, soirée autour d’un feu et d’un repas typique (banane cuites dans un bambou).
Puis durant mon séjour ici, ce sera le pur paradis, liberté. Ces gens ont tout compris, ils ne dépendent de rien, l’eau est là et coule en abondance, ils l’utilisent de façon intelligente, ils se lavent dans une rivière, mangent ce que la nature leur donne et entretiennent leurs maisons/terrains aussi bien que les liens familiaux. SUBLIME, le paradis.

Certains jeunes vont à l’école, ont des possibilités pour avoir un travail, en ville et changer de modes de vie mais non. Ils obtiennent leur master en droit, en économie avec brio, mais reste dans leur village et n’adopte pas le mode de vie parasitaire des blancs.
Ils m’apprendront à faire du feu (ça y est bordel!! Je sais créer un élément!), puis à construire une maison, de mon côté je leur apprendrais le seul truc que je sais faire, le con : Backflip chez les papous, ça c’est fait.

Durant ces jours je descendrais à peu près un jour sur deux en ville acheter le quotidien afin de suivre l’avancée du Cholera… 101 morts en deux jours, puis 140, 180, 200, 300. Et un matin la grand mère du village vient m’annoncer la mort de deux jeunes et me conseille de partir des que possible sinon l’ambassade ne m’aidera plus pour le retour et je me retrouverais très certainement dans un beau soucis… J’appelle l’ambassade qui me traite comme une sous merde, et me retrouverais dans un l’avion le lendemain.
Nous faisons un dernier repas de fête autour d’un feu, de chants, puis le lendemain tristesse larmes et chants à tout va, moment magique et intense… Je me souviendrai du Cahora le frère réputé rude, bagarreur me prenant dans ses bras en pleurant, des p’tits intimidés par le premier blanc qu’ils voyaient « en vrai » dans le village lors de mon arrivée m’accompagnant sur le retour, de la grand mère qui se met à chanter avec ferveur. Putain que c’était bon…
Je saute dans l’avion, chiale comme une madeleine, puis à Port Moresby un ami de la famille m’attend prend soin de moi toute la journée, pic nic au bord d’une rivière puis je saute dans l’avion pour Manille.

Manille? Le choc. Un coup de batte en pleine face. Prostitution, pédophilie, pauvreté, drogue, luxure. J’essaie de sortir la première journée mais impossible, la claque est trop grande, le changement trop brutal… Je passerais la seconde journée à l’hôtel à attendre l’heure où le taxi viendra me chercher pour l’aéroport.
Dubai/Paris–>Amis (merci encore John et Sophie!)

Sur que je retournerai me faire voir chez les papous! Sur! Le pays est compliqué, les Australiens et la Chine donnent une image horrible d’un pays qui est sublime (et sont les principaux médias à relayer les infos de PNG) Ce à des fins cupides comme toujours. L’or, le gaz, le pétrole… La PNG est l’une des plus grosses réserves de notre planète et nos « copains » l’ont bien compris. Mais bien pire qu’un pillage économique, le pillage est aussi culturelle, les tribus et traditions disparaissent les unes après les autres mais heureusement quelques villages irréductibles feront tout pour se protéger du mode de vie parasitaire des blancs, leur potion?
La partage, le savoir, la liberté. Bien mieux qu’amour gloire et beauté nan? »

Ci dessous une vidéo du voyage :

Publicités

Une Réponse to “Papouasie Nouvelle Guinée (2009)”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Panama : automne 2010 « Blog - 20 septembre 2011

    […] comme le billet concernant la Papouasie, je vais laisser ce récit tel que je l’avais écrit durant le voyage. J’étais parti […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :