Fiestas d’hiver

3 Jan

(Janvier 2012)

Nous voici à San Pedro de Atacama (Chili) en pleine période de Noël, Elise et Yoann sont déjà là depuis quelques jours et me font visiter ce village sans charme (bled à touristes, c’est la première fois du trip que j’en croise). Les Zamoureux sont motivés, enjoués comme jamais et on décide de voyager sans vraiment se poser de questions, au rythme de nos envies. On fera quelques ballades dans des paysages désertiques (souvent accompagnés par des chiens errants qui nous prendront en sympathie). On aura notamment la chance de se manger une tempête de sable lors d’une ballade en vélo (Aaahh! Un rêve!). Au passage grand coup de chapeau à Dame Elise qui restera motivée tout du long, malgré la pluie, la tempête, le sable dans les oreilles etc… Il n’y en a pas beaucoup qui aurait apprécié cette ballade comme elle! Curieuse d’apprendre et enjouée de partager un moment pareil avec son homme le jour de Noël.

Puis le lendemain, anniversaire de Yoann (feliz cumple tio!) on décide de kiffer la vie en allant se promener dans le désert pour y camper! Une première pour Yoann. Avant le coucher du soleil on en profite pour faire un peu de voile de traction (gros cerf volant). Puis… Première claque du trip (me concernant), un coucher de soleil sublime! J’ai jamais vu un ciel semblable, un fantasme de peintre, des couleurs, des nuances, des mouvements me laissant sans voix. Puis la note finale?

Une éclipse de lune totale! Incroyable, merci Dame Nature!

Après une nuit dans le désert, on aperçoit au loin les volcans enneigés. On souhaite prendre la direction de Calama (Nord Chili) pour se rapprocher de la Bolivie. On se met d’accord pour faire du stop (Yiha!). Mais problème… les routes sont majoritairement fréquentées par des bus à touristes, des mineurs, et des routiers… Les touristes se moquent un peu de ces 3 clowns sur le bord de la route, les mineurs vont au boulot dans des voitures surchargées, et les routiers n’ont normalement pas le droit de prendre d’autostoppeurs au Chili… Après plusieurs heures d’attentes infructueuse, on se dit que ça doit être le fait d’être à 3 qui bloque un peu les gens. Je m’écarte donc des deux amoureux en espérant les retrouver plus tard dans la journée à Calama. Après plusieurs minutes, j’aperçois au loin qu’ils se font prendre par un routier, puis le camion s’approche de moi pour finalement s’arrêter après qu’Elise et Yoann aient demandé au chauffeur de me récupérer en chemin. Parfait!

A Calama!? Les bus pour passer la frontière sont complets… il faut attendre 3 jours… et pire que ça : les prix sont exorbitants….  grosse déception! Après un repas sur le trottoir (Empenadas & dulce) on rebrousse chemin vers San Pedro de Atacama pour opter pour un “tour” pour passer la frontière (on y va un peu à reculons, car loin d’être fans des tours organisés mais c’est la solution la moins onéreuse). On fini par trouver une auberge pour cette nuit et un tour pour le surlendemain. Dans l’auberge on retrouve diverses nationalités, Brésil, Chili, Allemagne, etc…  Comme à chaque fois des chemins différents : des jeunes couples qui voyagent pour quelques semaines, comme des personnes venues en Amérique du Sud pour répandre les cendres d’un proche, une croisée de chemins qui fait toujours réfléchir sur les envies et besoins de chacun.

Dans l’auberge on rencontre Isur, une espagnole pleine de vie qui est sur la même longueur d’onde que nous trois, elle va nous accompagner durant quelques jours. En avant pour 3 jours de trip entre le Chili et la Bolivie. Le chauffeur nommé Abel est blagueur et connait la région depuis 14 ans. L’équipe est au top et on se tape barre de rire sur barre de rire… En chemin on sympathisera également avec une groupe de 12 chiliennes qui voyagent constamment ensemble pour sceller leur amitié (qui dure depuis 16 ans).

On déconnecte le cerveau sans trop savoir à quoi s’attendre. Je pourrais écrire des lignes et des lignes pour vous détailler les paysages croisés mais je n’arriverais jamais à vous faire passer les émotions que nous avons éprouvées. Une nouvelle fois, la nature (Pachamama) nous gâte de ses parures les plus folles, des nuages de flamants roses par centaines, des geysers, des volcans enneigés, des troupeaux de lamas. Bref! Notre monde est une galerie d’art à ciel ouvert, on a l’impression que la nature nous dévoile ses secrets les plus intimes. Le moment le plus fort sera certainement le passage sur le toit de la voiture dans le Salar d’Uyuni (désert de sel), un moment de symbiose parfait face à ces nuages qui reflètent sur le désert submergé par l’eau tombée dans la nuit. Après l’euphorie de la surprise, vint le silence… Un silence d’une vibration incroyable, comme pour mieux savourer le paysage, on sentait les cœurs vibrer. Un silence pour apprendre à ne plus se contenter de penser, mais pour (ré)apprendre à voir… A s’abandonner silencieusement à la beauté simple qui s’offre à nous.

Nous approchons doucement de la ville d’Uyuni (Bolivie)… De plus en plus de sacs plastique tâchent le paysage. La moindre brindille d’herbe est souillée… L’histoire d’une société qui s’impose à une nature si délicate, si fragile… Et malheureusement une histoire qui se répète au 4 coins du monde. Je dois avouer que la claque a été violente pour moi et que j’ai mis un peu de temps à digérer ce passage du paradis à une triste réalité qui s’approche de l’enfer…

Puis soirée entre amis, deux filles d’Argentine partagent du maté avec nous (sorte de thé traditionnelle argentin), quelques fous rire et on se fait un bon poulet avant de suivre la tradition en faisant claquer des pétards dans les rues pour la nouvelle année. Feliz ano nuevo amigos! Que cette année 2012 soit généreuse en rencontres, apprentissages et partage!

Pour fêter cette nouvelle année on décide de faire du stop pour se rendre à Potosi (200km plus loin). A 4 ce coup-ci car Isur l’espagnole partage toujours nos délires et c’est tant mieux! On décide de se séparer en deux (les 2 filles et les 2 garçons) en se disant qu’elles arriveront certainement à trouver plus facilement un véhicule que Yoann et moi. Après une longue attente sur une route en terre désertique, les filles parviennent à négocier le voyage pour nous quatre avec un routier, la seule condition? Se mettre sur la remorque en plein air pour les 7/8 prochaines heures (le temps du trajet). Pas de problème! On se marre bien derrière et on se fait brasser dans tout les sens, jusqu’au moment où le camion s’enlise dans une montée boueuse…

Tout le monde se motive à couper des branches, des herbes pour les mettre sur le chemin afin de retrouver de l’adhérence, mais en vain… Après une bonne heure le camion repartira grâce à l’aide de quelques villageois passant par ce chemin. Yoann fatigué par l’altitude et après avoir poussé quelques voitures se sent pas au mieux de sa forme, après plusieurs tentatives, le gredin finira par me vomir sur la jambe alors que le camion est à pleine vitesse, haha! Une pure merveille qui m’aura offert un énorme fou rire à en pleurer!

(Voir photo une pure merveille)

Progressivement Yoann se sent mieux mais la pluie prend le relai (ça lavera mon pantalon non!?) La pluie, la pluie, la pluie… On s’abrite sous une bâche jusqu’au moment où le chauffeur s’arrête car il ne veut pas prendre le risque d’avancer sur ce chemin boueux. On s’abrite sous un pont le temps de trouver une autre voiture, pas de chance là seule voiture qui veut bien nous prendre est conduite par deux types complètement shootés à la coca, les roues de la voiture sont dans un état désastreux mais ça passera… jusqu’au moment où ils s’arrêteront pour nous laisser dans un petit village sans nom à mi chemin de Potosi… Vamos! On se motive pour retendre le pouce… mais aucune voiture, rien! La pluie refait son apparition et on attendra ici plusieurs heures en se motivant dans le froid et en se serrant les uns les autres…

Attente… Attente… Attente… Les pieds sont trempés, les sacs peu efficaces en étanchéités, nous voici frigorifiés, l’air glacé nous frotte les oreilles (nous sommes à environ 4000m, en pleine nuit, sous la flotte, normal!). Jusqu’au moment où Yoann et Isur se motivent à aller frapper aux portes du village pour demander l’asile pendant qu’Elise et moi même attendons un éventuel véhicule qui pourrait nous emmener jusqu’à Potosi… Los dos amigos reviennent avec le sourire, un habitant du village veut bien nous loger dans le stock de sa petite tienda en contrepartie de quelques boliviannos (1€ chacun), ça y est de retour au sec, tout le monde se glisse dans son duvet!

Le lendemain direction Potosi avec un collectivos (petit bus), on trouve une auberge pour sécher nos vêtements et se préparer un bon plat de crêpes pour se réchauffer en se remémorant avec sourire ces deux derniers jours. Là j’ai encore de la chance, les gens que je croise me laisse leurs contacts pour m’aider dans mes projets (merci Gwen), parfait!

La leçon de cette longue attente? La première c’est qu’il est bon de partager des moments semblables avec ses amis. Un régal de pouvoir soutenir et être soutenu lorsqu’on en ressent le besoin. Mais bien plus loin que ça, prendre la route ainsi permet d’apprendre à attendre. De savourer le temps qui passe, cesser de penser à ce que nous étions (dans le passé), à l’endroit où nous irons (dans le futur) mais cela apprend à vivre l’instant présent, qu’il soit agréable ou non. Il y a de la pluie, nous avons froid, nous sommes fatigués certes, mais combien rêveraient d’être à notre place? Nous sommes en bonne santé, ensemble et vivons des instants incroyables. L’un des grands malheurs de la “vie moderne” est le manque d’imprévu, l’absence d’aventures, et là nous avons la chance de vivre dans l’extraordinaire, dans la surprise, de prendre notre temps dans un monde qui va trop vite. Donc savourons! Et puis s’il y a de la pluie en chemin ce n’est pas si grave après tout! La vie tout comme la météo a besoin d’un peu de pluie et de soleil pour faire de notre futur un arc en ciel non?

Ce qui est passé a fui ; ce que tu espères est absent ; mais le présent est à toi. – Proverbe Arabe

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6 Réponses to “Fiestas d’hiver”

  1. Carnet de voyage 3 janvier 2012 à 15 h 52 min #

    Je lis de + en + d’avis négatif sur San Pedro D’Atacama. Comme quoi j’ai bien fais de ne pas m’y rendre. Encore un piège à touriste comme le train des nuages.

  2. Léa 3 janvier 2012 à 20 h 07 min #

    Merci pour le partage de vos belles experiences et de nous faire vivre votre voyage ! Bisous a vous 2

  3. Burelle Alban 3 janvier 2012 à 21 h 18 min #

    Salut frero, joli, joli ton trip, les paysages ont l’air extraordinaires, et tu as bien raison de profiter ainsi! pour ma par je suis toujours sous la neige, et ça n’arrête pas de tomber, extra! Profite bien, et crache pas sur les lamas! Arvi pa

  4. Julie em 19 janvier 2012 à 1 h 45 min #

    Je suis bluffée par vos aventures, ébaïe par ces paysages et dingue de ne pas y être! Vous avez tout compris à La Vie .. MAGNIFIQUE

  5. marcel 31 janvier 2012 à 19 h 32 min #

    Moi je taille les vignes et me ballade avec toi. J’espère que je dérange pas? Allez à +mon copain

    • ticlem 17 février 2012 à 5 h 52 min #

      Oh non tu me déranges pas copain! Et merci de passer par là!
      Bien le bonjour à vous du Pérou!!

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