Vies de Quetzal, naissance d’un projet

29 Sep

Catégorie : #Vies de Quetzal

#Vies de Quetzal c’est le nom d’un projet que je pense, écris et rature depuis mars 2009.
Comme évoqué dans le billet précédent, si “notre enfance représente nos racines, les rencontres sont les gouttes qui nous font grandir. A leurs côtés les certitudes s’écroulent et leurs témoignages se font tuteurs”.

Petit à petit, grâce à ces personnes rencontrées durant ces dernières années, j’ai tenté de mettre en place quelque chose qui permettrait de “donner la parole” à ces gens en utilisant un outil simple, mobile et léger, tout en traitant des problématiques distinctes de façon concrète sur place.

J’ai testé et échangé des idées durant plusieurs années (de 2009 à 2013). D’abord la construction d’une librairie communautaire en Papouasie, puis la création de l’association G4P avec mon frère de route Julien Masson. En chemin des ateliers photos et trocs culturels en Colombie, des ateliers intergénérationnels au Guatemala, la chance d’apprendre aux côté d’un cinéma itinérant au Burkina Faso et découvrir la puissance du Street Art dans les rues de Ouagadougou aux côtés de l’artiste Tuco.

Chacun de ces visages croisés est l’encre de ma plume.
En octobre 2013 j’ai décidé d’entamer ce projet de manière plus concrète (toujours cette histoire de cheveu entre actes et convictions) sans réelle destination en tête, en me laissant porter par les vents, au fil des rencontres.

C’est alors que j’ai opté pour la photographie comme outil principal tout en l’adaptant pour parvenir à la combiner avec l’art de rue, la création de reportages et vidéos.
En effet, Vies de Quetzal souhaite donner la parole aux minorités silencieuses en leur proposant de s’exprimer par le biais de la photographie (sous forme d’ateliers, qui durent entre plusieurs semaines et quelques mois, afin de les former aux rudiments de la photo).

Trop souvent on s’intéresse à ces voix minoritaires par des “filtres” (même avec toutes les bonnes intentions du monde : vision d’une association, d’un reporter, récits, etc) mais rares sont les organisations leur donnant directement la parole du début à la fin.
 On voyage souvent (inconsciemment) pour refaire les mêmes photos que nous avons a déjà vu, sorte de fantasme « voyeur-prédateur », c’est ainsi que les clichés d’indiens à plumes, canadiens à chemises subsistent, et qu’on assigne les gens à une « résidence identitaire” (pour reprendre les mots de Franck Michel – Anthropologue).

En leur proposant de s’exprimer par le biais de l’art et de la photographie c’est – pour ces “sans voix – convertir l’image en un langage universel et accessible.
La photographie se fait alors porte voix des sans voix par le biais de nos ateliers…
… l’image se convertie en vecteur de rencontres et de réflexion
…
…et les rues du monde deviennent leur lieu d’expression par le biais du street art.

Pourquoi la photo?
Car – aussi paradoxale que cela puisse sembler – je pense qu’il n’y a rien de mieux que la photographie pour briser les clichés!
Elle a quelque chose d’universelle, elle parle à l’Homme sans se soucier des langues ou des continents. Elle invite à penser, à sentir, à interpréter. Je pense qu’à travers elle et ses témoignages, il est possible de découvrir et d’offrir des sentiments nouveaux. Elle permet ainsi d’ouvrir une voie accessible vers des interrogations, des réflexions qui permettront de peut être mieux comprendre l’autre, de s’intéresser à son histoire.

En nous permettant de dessiner le présent entre ombres et lumières, la photographie nous offre l’opportunité de nous évader, de regarder le monde comme un tableau. De voir avec d’autres yeux, prêter une attention soutenue non seulement aux histoires et personnages mais aussi aux lieux. A la lumière dans laquelle ils évoluent et aux choses qui les entourent.
La photo est bel et bien un pacte avec la lumière (bien plus que la couleur) or nos rapports avec celle-ci varient chaque jour.
Il y a des périodes où l’on est comme une vitre sale qui ne laisse rien passer, pas d’inspiration… D’autres où elle se pose naturellement et sans faire d’histoire sur ce que l’on photographie. Et pour savoir traduire ce qu’il ressent, le photographe doit trouver la lumière qui habillera ses émotions.
Lorsque que l’on photographie, c’est comme si nous entrions dans un monde parallèle, au moment où on s’incline vers l’œilleton, non seulement on voit le monde différemment mais on découvre une partie de nous-même. Chacune de nos photos est le reflet d’un sentiment éprouvé à l’instant T.
C’est pourquoi la photographie révèle toujours quelque chose d’intime propre au photographe, car elle se dévoile comme son miroir.

Dans biens des lieux les préjugés subsistent par manque de curiosité envers l’Autre “le voyage commence là ou s’arrête nos certitudes” (Croisée des Routes). Donner la parole à ces gens, c’est leur permettre de présenter une autre image de leurs cultures/leurs mondes, tout en invitant à l’échange et à la rencontre.



Aujourd’hui, déjà quelques projets concrétisés auprès d’enfants autistes et trisomiques en Espagne, du Street Art dans les rues de Las Palmas et un projet mêlant photo et musique au Cap-Vert, vous en saurez bientôt plus!

Ateliers photo aux Canaries durant 7 semaines (mai/juin 2014) auprès d’enfants autistes et trisomiques

Ateliers photo au Cap-Vert (juin/juillet 2014) – Projet « mosaïque de sentiments »


Pour la suite, d’autres idées sont à venir certainement en France, en Algérie et en Afrique de l’Ouest.

 Désormais l’envie de continuer sur cette lancée, présenter Vies de Quetzal comme une œuvre collective  (sous forme de collectif) dédiée à ces rencontres et construite par les prochaines.

En mélangeant ainsi les visions, cette association souhaite présenter des actions culturelles et artistiques qui voyageraient sans passeport en ces temps de mondialisation où paradoxalement, de plus en plus de murs se construisent et de peuples sont bâillonnés.
Dans bien des cultures (tibétaine, touareg, arhuaco, yanomami etc) la marche, la mobilité et la réflexion personnelle sont intimement liées. On se déplace physiquement pour mieux s’ouvrir aux autres et se dévoiler. C’est avec cette logique de “caminata” (de voyage/cheminement aussi bien physique qu’intérieur) que ce projet souhaite offrir à ces peuples de tous horizons la possibilité de mieux chuchoter leurs convictions en mettant en place ces échanges et travaux photographiques.

A travers ce projet, une multitude d’invitations au Voyage (de rencontres) sont donc possibles !
Aux côtés de ces Quetzals et de leurs témoignages, chaque jour, chaque image, chaque mot, devient alors une opportunité en plus pour féconder sa réflexion et sa pensée.

Au milieu du brouhaha ambiant, ils nous chuchotent leurs convictions et nous invitent à croire en la Vie. Ce Voyage qu’est la Vie ! Celle qui fait de ce monde un océan, du quotidien un navire et de chaque rencontre une île où grandir…

Vous souhaitez en savoir plus?
Rendez-vous sur le site de l’association : www.vd-quetzal.net

N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter présente sur le site afin de rester informé des projets à venir.

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